top of page

Etape 49 : Bagnères-de-Luchon / Lannemezan

  • 6 août 2018
  • 4 min de lecture

138 km / 8h24 / 4694m D+ / 5 cols dont 4 répertoriés (Col de Peyresourde / Col de Val Louron-Azet / La Hourquette d'Ancizan / Col d'Aspin)

L'atrocité à son paroxysme, tel pourrait être le titre de mon étape du jour. Cette nouvelle journée pyrénéenne s'est révélée extrêmement exigeante et difficile au vue des conditions météorologiques, de ma condition physique actuelle et du profil très accidenté que celle-ci propose. Je démarre la journée par le petit déjeuner en chambre d'hôte en compagnie d'une courageuse famille, en vadrouille dans les Pyrénées pendant quelques jours avec leur vélo et leurs sacoches. Ce fût très sympa de discuter avec eux le temps de ce premier repas. Mon étape débute ensuite. Je décide, avant de m'élancer sur le tracé prévu initialement de grimper le Col du Portillon (10,2 km à 6,5%), emprunté par les coureurs du Tour de France cette année. J'ai réalisé cette ascension en aller-retour depuis Bagnères-de-Luchon. Une ascension exigeante avec plusieurs passages au-delà de 10% dont 1km entier à 11,5% dans le final. La température étant encore fraîche en début de journée, cela me permet de monter assez tranquillement au vue des difficultés qui m'attendent sur le reste de la journée. Je fais la connaissance de 2 cyclistes espagnols au sommet du col, avec qui je fais la descente et une photo souvenir lors de notre retour sur Luchon. Direction le Col de Peyresourde désormais, figure emblématique du Tour de France. Avec 13,7 km à 6,8% de moyenne, c'est un col plus accessible grâce à sa régularité. En effet, il ne présente aucun passages difficiles, son ascension est homogène, autour de 7/8% sur l'intégralité du col. Une nouvelle fois, conscient de mes faiblesses, je monte tranquillement à mon train et je passe le sommet dans un superbe cadre. La fatigue est déjà là, la chaleur avec et pour preuve ... au sommet du col de Peyresourde se trouve une petite crêperie avec des crêpes à 60 centimes !! Et je n'ai même pas pris la peine de m'y arrêter. Peut-être aurait-elle changé les choses ? Je redescend ainsi du col jusqu'au lac de Génos-Loudenvielle, que je contourne par le sud pour arriver à Génos, point de départ de la troisième difficultée de la journée, le Col de Val Louron-Azet (7,5 km à 8,2%). Les cols passent et deviennent de plus en plus difficiles. Les jambes sont à bout, je ressens beaucoup moins de puissance que les journées précédentes, les maux de ventre et la canicule ne me quittent pas non plus. Ce col est très difficile, il contient régulièrement des morceaux très costauds et la pente ne vous lâche jamais ! Par chance, le décor est magnifique et l'ascension n'est pas très longue, ce qui mobilise mes dernières forces pour en venir à bout. Une belle descente se présente de nouveau à moi ainsi que quelques petits kilomètres de plat afin de poursuivre les hostilités. Le prochain adversaire se nomme "Hourquette d'Ancizan (10,3 km à 7,8%). Le col ne paraît forcément plus difficile que ceux au préalable mais plus les kilomètres passent, moins je me sens en mesure d'affronter ces terribles pentes. Il n'empêche que ... 10,3 km plus loin, je me retrouve pour la 4ème fois de la journée au sommet d'un grand nom des Pyrénées. A cours d'eau, je me fais très généreusement dépanné par des randonneurs, à cours de forces surtout ... Je m'apprête à livrer ma dernière bataille face au Col d'Aspin (6 km à 7,5%). A nouveau, je ne renierai jamais la chance que j'ai de pouvoir rouler dans de si merveilleux espaces. La descente de la Hourquette d'Ancizan vers le lac de Payolle est superbe, beaucoup de randonneurs et de vacanciers s'y trouvent, des ânes et des vaches en liberté vivent paisiblement au milieu de cet environnement si sauvage. C'est d'ailleurs toujours aussi flippant de passer entre 2 vaches à 50 cm de chacune d'elles. Le Col d'Aspin ne déroge pas à la règle ! Le sommet offre un panorama exceptionnel sur toute la montée du versant au départ d'Arreau ! Grandiose au niveau des yeux, effroyable au niveau des jambes ! 6 km de véritable souffrance, une réelle souffrance dont je n'avais rarement connu une aussi grande intensité. Près de 30 minutes me sont nécessaires au sommet pour récupérer et repartir vers Lannemezan ! Une fois la descente vers Arreau terminée, les 20 kilomètres restants ne sont mêmes plus descriptibles. Fourmis dans les bras, torticoulis, grosse fatigue, frissons et baillements ... Vivement que cela s'achève ! Il est près de 19h30 lorsque je met le pied à terre après près de 8h30 à pédaler ! A peine ma chambre présentée, je me suis écroulé sur le lit puis endormi jusqu'à 21h30. Je me suis finalement endormi pour la nuit sans rien avaler ... Indigeste, jusqu'au bout ! Un grand merci à Nicole pour son accueil et sa grande générosité ! Des journées comme celles-ci sont éternelles car l'ampleur de l'effort à fournir et de la douleur engendrée font, qu'une fois achevée, elles ne laissent que le souvenir de la fierté d'en être venu à bout !! Après ça, plus rien ne peut m'arrêter !

 
 
 

Commentaires


bottom of page